Ce qu'on ne voit jamais derrière un podcast
Si je devais résumer cette aventure en une photo, ce serait probablement celle du studio au Stade de France. Si je devais la résumer en une réalité, ce serait plutôt deux étudiantes qui passent une soirée entière à essayer de choisir une musique d'introduction.
Quand on lance un podcast, on imagine souvent qu'il suffit de poser quelques questions, d'appuyer sur "Enregistrer" et de publier l'épisode.
La réalité est un peu différente lorsqu'on veut bien faire les choses. Chaque épisode commençait bien avant l'interview.
Il fallait d'abord choisir l'invité, le démarcher et prier tous les dieux pour qu'il accepte d'être interviewé. Nous avions eu beaucoup de chance ou soit nous étions très convaincantes, nous n'avions quasiment jamais de refus. De sacrées veinardes me direz-vous, et vous avez raison ! Peut-être nos bouilles d'ange ? Ou le fait que nous préparions chacune de nos invitations avec soin (sérieusement, on avait tout un brief pour convaincre haha) ?
Notre premier invité était une jeune femme qui avait comme nous, lancé un projet durant ses études jusqu'à allant le pitcher à VivaTech ! Il nous en fallait moins pour lui demander de nous faire l'honneur d'ouvrir notre première saison.
On sous-estime également les heures à se documenter, tant sur l'invité que sur son domaine d'expertise. Il nous fallait lire des articles. Écouter les interviews qu'il ou elle avait déjà données. Comprendre son parcours, son entreprise, ses convictions.
Le but n'était jamais de répéter les mêmes questions que tout le monde, mais de trouver un angle différent. Celui qui ferait dire à l'invité : « Tiens, on ne me l'avait jamais posée, celle-là. Et au fait, comment elles ont su qu'à 15 ans, j'ai nagé avec les dauphins à Madère ? »
C'était aussi ça, notre promesse. Puisqu'on avait choisi le format long, autant l'assumer jusqu'au bout. Ensuite venait toute la partie que personne ne voit : trouver une date, réserver un studio, vérifier le matériel, préparer les plans de tournage, acheter les snacks (et oui, l'hospitalité on vous a dit !).
Le jour j, il nous fallait gérer les imprévus, faire les réglages pour les micros, tourner du contenu, improviser car le but était d'avoir de vraies conversations, peu importe si le brief n'a pas été suivi jusqu'au bout. Puis venait la partie post-prod, le plus chiant sérieux ! Après tout cela, il fallait planifier l'épisode, faire la com' avant de pouvoir le publier. Écrire un article sur notre blog pour l'accompagner. Vous voyez, ça fait beaucoup !
Et recommencer. Encore. Et encore.
Avec le recul, je me dis souvent que la citation biblique "Heureux les simples d'esprits" est .. , car si nous savions ce qu'il nous attendait, je ne suis pas certaine qu'on se serait lancées. Et pourtant, c'est probablement parce qu'on ne savait pas qu'on l'a fait.
Au fil des mois, on a interviewé des profils venus de la tech, des médias, de la haute joaillerie, de l'édition... Chaque épisode était une excuse pour entrer, pendant une heure ou deux, dans l'univers de quelqu'un.
Le plus drôle, c'est qu'on a même fini par recevoir Florent et Momo, les créateurs de Vraie de vrai, le podcast qui nous avait donné envie de faire des formats longs. À l'époque, ça nous paraissait complètement irréel !